Les parcs et la pandémie : objets de résilience. Oui, mais pour qui ?

Crédit : Robert Bye

1. L’utilisation des parcs a évolué sous la COVID

À l’automne 2020, 601 participants de l’étude INTERACT vivant dans la région de Montréal ont répondu à la question : « Dans le contexte actuel, utilisez-vous les parcs municipaux plus, moins, ou autant qu’avant la pandémie de la COVID-19 ? ». Deux personnes sur cinq répondent les utiliser plus et une personne sur cinq les utiliser moins.

2. Les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à davantage utiliser les parcs aujourd’hui.

En ce qui concerne le genre, 45% des femmes déclarent fréquenter davantage les parcs aujourd’hui qu’avant la pandémie contre 35% des hommes. Or plusieurs statistiques montrent que les femmes ont été particulièrement affectées par la pandémie. À cause du type d’emploi qu’elles occupent, elles sont davantage exposées au virus, ont davantage subi des impacts sur leur carrière et de stress au domicile, compte tenu d’une répartition inégale des tâches familiales comparé aux hommes ainsi que de nouvelles responsabilités, comme celle d’accompagner l’éducation à la maison. Si l’on connait depuis longtemps l’importance des espaces verts pour la santé mentale et physique, une étude a montré que pendant la pandémie, leur utilisation était aussi un moyen de s’évader des quatre murs de son domicile pour y trouver un contact, même distant, avec l’autre mais aussi pour bénéficier d’un environnement sécuritaire au regard de la propagation du virus pour ses enfants. On comprend dès lors l’importance des parcs pour les femmes.

3. Les parcs sont délaissés par les 65 ans et plus.

Figure 1 : Fréquentation des parcs pendant la pandémie, comparée à avant la pandémie par tranche d’âge

4. Les personnes qui utilisent davantage les parcs habitent des quartiers plus défavorisés que les personnes qui utilisent moins les parcs.

Figure 2 : Défavorisation sociale du quartier selon la fréquentation des parcs pendant la COVID comparé à avant la pandémie, par tranche d’âge. Plus la note de défavorisation sociale est faible, plus le quartier est favorisé
Crédit : Will Paterson

Conclusion

Nous voyons le rôle joué par les parcs urbains dans la résilience, un rôle plus que renforcé en temps de pandémie. En comparant le profil des personnes fréquentant les parcs, aujourd’hui et avant la pandémie, les données de la cohorte INTERACT illustrent comment les environnements urbains et leurs ressources influencent les inégalités sociales de santé. Investir dans les infrastructures vertes, en augmentant l’égalité d’accès et d’expérience, quel que soit son âge, son genre, son revenu ou encore sa condition physique, est une responsabilité que les villes doivent prendre. Ceci est particulièrement vrai dans un contexte de crise sanitaire, symptomatique d’une autre crise plus durable, celle des inégalités sociales.

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CIHR-funded research team harnessing big data to deliver public health intelligence on the influence of urban form on health, well-being, and equity.

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